_
_
_
_
_
_
_
_
_
Mister Szarzouille ♥
_
_
_
_
_
_
_
_
Derrière son épaisse crinière blonde se cache une détermination sans faille. A 26 ans, Dimitri Szarzewski est devenu l'incontournable talonneur des Bleus. Rencontre avec un homme qui, selon son ami Yannick Nyanga, « ne recule devant rien ».
Le rugby plutôt que le moto-cross. Parents originaires du Nord-Pas-de-Calais, Dimitri Szarzewski, lui, n'a jamais connu la région des corons.
« Quand ils se sont rencontrés, ils ont décidé de partir dans le Sud. La vie là-bas ne leur plaisait pas. » David, le paternel d'ascendance polonaise, aurait volontiers vu son fils devenir champion de moto-cross. « Très jeune, j'ai eu des motos. Mais je n'étais pas rassuré », raconte le Parisien, qui a préféré opter pour le ballon ovale. Après ses premiers pas à 7 ans sur les terrains à Cuxac-d'Aude, il suit tout le cursus de l'école de rugby de Béziers.
Des responsabilités très jeune. Etudiant en staps à Montpellier, Szarzewski s'installe avec Yannick Nyanga, le compère des années biterroises, qu'il considère comme « (son) frère ». L'actuel troisième ligne toulousain sera le témoin privilégié du coup de foudre lors d'une soirée étudiante entre Dimitri et Florence. Il vivra même un temps avec le couple. « Aujourd'hui, ma vie de famille fait ma force, résume Szarzewski, père de Hugo, 5 ans, et Anna, 2 ans. M'être marié et avoir eu un enfant à 21 ans m'a permis de grandir plus vite. » Cette maturité et cet équilibre précoces n'empêchent pas les paris givrés avec son vieux complice. « Quand il est venu dans ma maison à Toulouse, il m'a dit : Je veux être le premier à me baigner dans ta piscine , raconte Nyanga. Deux heures plus tard, on a plongé. C'était en janvier. L'eau était à 2°C. »
Un physique de play-boy. Le chemin rugbystique des deux inséparables divergent en 2005. A cette époque, Szarzewski débarque au Stade Français au terme d'un bras de fer avec son club formateur, relégué en Pro D2. « Cela n'a pas été évident : rechercher le conflit n'est pas dans mon tempérament », explique celui dont les proches vantent unanimement la droiture. A 22 ans, c'est donc la découverte d'un autre monde.
« C'est bête à dire mais, avec Florence, quand on est partis de Béziers, on pleurait. On ne savait pas où on mettait les pieds. » Passée la première mise en fourrière d'usage, la famille, qui a depuis acheté une maison à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), va très vite s'acclimater. Et le talonneur au physique avantageux devient, lui, un incontournable du calendrier des Dieux du Stade. « Souvent on me demande : comment cela se fait que tu n'aies pas de cicatrices ? Je ne marque pas. J'ai de la chance », convient-il.
Pourtant, le Parisien, surnommé Jean-Pierre François par ses partenaires stadistes, n'est pas vraiment du genre à éviter les chocs. « Je me suis fracturé deux fois le nez et le plancher orbital », détaille-t-il. A chaque match, Florence tremble d'ailleurs pour son mari. Pas par crainte d'une cicatrice superficielle, mais par peur d'une blessure grave. « Dès qu'il rentre sur le terrain, j'ai une boule de stress, confie-t-elle. Et les années n'y ont rien changé. »
LeParisien.fr
_
_
_
_
_
Merci à Florence pour la photo =)